septembre « 2015 « Le blog de Viviane Teitelbaum

Archive pour septembre 2015

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Stéréotype quand tu me tiens…

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Le Ministre en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Jean-Claude Marcourt, a lancé cette semaine une campagne afin de « développer la politique du genre au sein des institutions et de s’assurer par la même occasion de l’égalité hommes-femmes tout au long des carrières scientifiques ».
L’objectif est louable et il était grand temps de s’y mettre, car en effet seulement 30% des scientifiques sont des femmes dans le monde…et les clichés et préjugés y ont la vie dure. On l’a encore vu récemment au travers des propos du Prix Nobel de médecine britannique Timothy Hunt qui a choqué le monde scientifique en juillet dernier en tenant des propos sexistes à l’encontre de ses consoeurs de laboratoire. Des femmes scientifiques ont répliqué avec humour, certes contre ce sexisme en postant sur Internet des photos d’elles en laboratoire pour se moquer des propos sexistes du prix Nobel de médecine.
Nécessaire et urgent donc.
Je regrette toutefois la méthode.
En effet, afin de faire passer son message, le Ministre a choisi d’accompagner son communiqué d’un slogan sexiste reléguant la femme à la préparation du petit déjeuner pour ses enfants.
Il est regrettable d’utiliser de tels stéréotypes sans pouvoir trouver une image plus valorisante de la femme pour les communications émanant du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

M. Marcourt explique sur facebook : « l’idée était de lutter contre le stéréotype par le stéréotype, genre combattre le mal par le mal, c’était l’idée du visuel qui annonçait la mesure prise pour développer la politique de genre dans les institutions scientifiques. Mauvaise idée? » Sans doute. Un peu de créativité pour reléguer le machisme au placard ne ferait pas de tort. Surtout L’objectif aurait pu être atteint sans pour autant entrer dans un jeu sexiste et dépassé.
Déconstruire les clichés sexistes, dans les domaines les plus divers, c’est sans doute là le vrai défi.
Car les rôles dévolus aux femmes et aux hommes et les conceptions stéréotypées se font très vivaces : 41 % considèrent encore que pour une femme, la vie professionnelle est moins importante que la famille.
Donc comme le soulignait les Terriennes sur TV5 monde dans un article contrairement aux anges, malheureusement les métiers gardent un sexe bien marqué.
Par conséquent, essayons de ne pas utiliser les stéréotypes pour lutter contre les préjugés. L’image forte les renforcera au contraire.
Et…« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir

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L’accueil à Bruxelles des femmes migrantes, réfugiées, primo-arrivantes

Mon interimg_0115vention en séance plénière de la COCOM, mardi 22 septembre, sur l’accueil à Bruxelles des femmes migrantes, réfugiées, primo-arrivantes

Je souhaiterais rapidement attirer l’attention sur le profil particulier des femmes migrantes, réfugiées, primo-arrivantes. Le rapport Myria l’indique: 52% des nouveaux belges sont des femmes.
Elles arrivent chez nous pour échapper à la guerre, aux viols et violences, à la précarité, directement ou plus tard par regroupement familial.

Arrivées en terre inconnue, elles sont encore plus vulnérables que les hommes et et si un accueil spécifique n’est pas mis en place, elles risquent plus que les hommes de devenir victimes d’exploitation économique ou sexuelle.
Par ailleurs, tant qu’un parcours d’intégration ne sera pas obligatoire elles risquent l’isolement, la méconnaissance de leurs droits, des possibilités de soins de santé, d’échapper aux violences, etc. Car ces violences les poursuivent sur le chemin vers d’autres horizons, trop souvent elles subissent, viols ou sévices sexuels par les passeurs, par d’autres réfugiés dans les zones de transit, par des trafiquants d’êtres humains. Et dans les Balkans même par certains policiers. Dans ces zones de transit, peu d’intimité beaucoup d’abus et parfois de traite …
Arrivées chez nous, elles auront plus de difficultés à intégrer le marché du travail, plus de probabilités de dépendre des aides sociales tout au long de leur vie. Pourtant, en arrivant en Belgique, en plus des barrières de langue, de reconnaissance de diplôme et de formation déjà abordées par mon chef de groupe, elles sont également confrontées au problème de la garde de leurs enfants, que ce soit pour travailler mais également pour se former, alors qu’ elles sont souvent la personne de référence pour l’aide scolaire de leurs enfants.
Souvent ce sera pour elles une odyssée tissée d’illusions au milieu d’un monde dont les codes leur sont étrangers — et paradoxalement plus froid et plus dur, à plus d’un titre, que celui d’où elles sont venues et comme le disait une journaliste italienne qui a fait une étude sur cette problématique: Pour une fois, ce n’est pas notre peur qui nous est donnée à sentir face à eux, mais leur déboussolement face à nous, face aux images idylliques qui leur étaient servies sur notre réalité.
Cher-e-s collègues, il est temps d’arrêter de tergiverser et de donner à ces femmes une rélle chance de s’en sortir. Un parcours d’intégration obligatoire est une des solutions. Ne renvoyons pas toujours vers d’autres niveaux de pouvoir, ici nous pouvons agir et faire une différence.

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