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Archive pour mai 2011

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L’Olivier boycotte le préservatif féminin

preservatif-femVoici le communiqué de presse du groupe MR suite au rejet de notre proposition sur le préservatif féminin

Ce mercredi 25 mai, en Commission des affaires sociales et de la santé du Parlement francophone bruxellois, la proposition de résolution du groupe MR relative au préservatif féminin a été rejetée par la majorité.

Pourtant, le préservatif féminin a été étudié dans de nombreux pays du monde, avec des résultats largement positifs. Disponible en Europe et aux Etats-Unis depuis le début des années 90, son utilisation s’est largement répandue.

Alors que l’augmentation du virus du SIDA est alarmante, l’OMS et l’ONUSIDA encouragent l’introduction du préservatif féminin comme une nouvelle méthode de prévention, aussi bien de la grossesse que de l’infection, et comme un outil supplémentaire pour répondre aux besoins des femmes et des hommes en matière de santé sexuelle et reproductive.

Utilisé correctement, il est aussi efficace que les autres méthodes de contraception et peut se conjuguer avec celles-ci.

A Bruxelles, carrefour des cultures, il apparaît que dans certaines communautés le droit à la parole des femmes en matière de sexualité est limité, voire inexistant. Très souvent, elles ne peuvent pas demander à leur partenaire d’utiliser un préservatif masculin. Le préservatif féminin est alors une méthode intéressante qui permet à ces femmes d’exercer maîtrise personnelle et autonomie.

Cependant, il reste beaucoup plus cher que le préservatif masculin et plus difficile à se procurer.

Considérant également que le préservatif féminin peut contribuer aux programmes de prévention, accroître les rapports sexuels protégés, et diminuer les grossesses non désirées, et par conséquent réduire les coûts y afférents, Gisèle Mandaila et Viviane Teitelbaum ont déposé une proposition, au nom du Groupe MR, demandant de favoriser cette méthode de contraception, sa sensibilisation et la diminution de son coût.

« La majorité qui se targue de défendre l’égalité hommes femmes et l’autonomisation des femmes de toutes origines et milieux sociaux a rejeté le texte avec des arguments aussi superficiels qu’hypocrites » estiment Viviane Teitelbaum et Gisèle Mandaila.

Encore une occasion ratée sur un sujet important et pourtant non polémique…

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Rapport sur les signes convictionnels

Rapport fait en séance plénière sur les propositions MR sur les signes convictionnelsce vendredi 20 mai 2011 au Parlement Bruxellois;

J’aborderai l’exposé de M. Gosuin au nom des auteurs des différentes propositions, ainsi que ses avis sur le rapport rendu par le Conseil d’État concernant la neutralité. M. Tomas abordera ensuite toute la discussion générale, ainsi que les votes.
Tout d’abord, M. Gosuin a expliqué les problématiques de l’intégration et du choix d’un modèle de société, en soulignant qu’elles reviennent régulièrement dans l’actualité à travers différents sujets, comme le port du voile, les violences dans les quartiers en difficulté ou le statut de la femme dans certaines communautés. Ces questions relatives au “vivre ensemble” se posent avec de plus en plus d’insistance et d’acuité.
Pour le groupe MR, il semblait essentiel pour l’avenir de notre société de porter ces questions au sein du parlement et d’en débattre autour de propositions concrètes.
Didier Gosuin explique qu’aujourd’hui, dans notre environnement, coexistent plusieurs cultures, plusieurs langues et plusieurs religions. Porteuse de richesse, cette diversité peut également entraîner un phénomène de radicalisation identitaire. Cette radicalisation est d’autant plus dangereuse qu’elle entraîne, dans un second temps, un rejet, une stigmatisation de l’autre et, poussée à son paroxysme, un affrontement des différences.
Si la diversité culturelle constitue avant tout une chance pour tous, elle se doit d’être accompagnée par les pouvoirs publics vers les chemins d’un “vivre ensemble” respectueux de tous et de chacun.
La réalité pluriculturelle de notre société fait émerger des sensibilités nouvelles et appelle des réponses à des questions nouvelles, en lien notamment avec la prise en compte des différences culturelles, philosophiques et religieuses dans la sphère publique. Refuser cette réflexion ne participerait qu’à entretenir les incompréhensions et les peurs mutuelles. Il appartient, précise-t-il, aux mandataires politiques de poser des choix de société clairs et de participer concrètement à leur mise en oeuvre. M. Gosuin rappelle ensuite que deux modèles de société s’offrent à nous. Le multiculturalisme, tout d’abord, qui envisage l’individu essentiellement comme le membre d’une communauté caractérisée par une culture, une religion, une origine ethnique. Ce courant se fonde généralement sur le relativisme culturel et les accommodements raisonnables, c’est-à-dire l’affirmation inconditionnelle de l’équivalence des systèmes de pensée et la justification de la différenciation des droits. Ce modèle, le groupe MR n’y souscrit pas.
À l’opposé de ce modèle, l’interculturalisme fait prévaloir l’individu sur ses attaches culturelles, philosophiques ou religieuses : les droits et les devoirs du citoyen ne sont pas fonction de ses affinités, ni de ses origines ethniques. Ce modèle postule également qu’une société ne peut se construire et favoriser au mieux l’intégration de tous que si les citoyens partagent un patrimoine commun de valeurs fondamentales, tels que le droit à la vie, la liberté de conscience, la démocratie, l’égalité de l’homme et de la femme, ou encore la séparation des églises et de l’État.
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Question d’actualité sur le réaménagement de l’avenue du Port.

Voici la question d’actualité que j’ai posée à à Mme Brigitte Grouwels, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée des Travaux publics et des Transports, concernant “les suites données à l’action des riverains contre le réaménagement de l’avenue du Port” vendredi 20 mai 2011 en séance plénière du Parlement Bruxellois.

L’avenue du Port est un dossier dont on débat régulièrement en commission.
Ce dimanche 15 mai, les riverains ont dansé pour s’opposer à votre projet. Comme l’avenue du Port est un témoin industriel, ils se sont opposés au projet qu’ils considèrent comme étant mégalomane et qui prévoit l’abattage de nombreux arbres, centenaires pour certains, de même que l’enlèvement des pavés. Avez-vous eu connaissance de cette manifestation ? Avez-vous réagi et répondu aux riverains ?
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Le texte de la résolution contre toute amnistie

visant à rappeler son soutien au nécessaire devoir de mémoire et son opposition à toute loi générale d’amnistie
(Déposée par Viviane TEITELBAUM)

Considérant la proposition de loi “effaçant, pour l’avenir, tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier subi à la suite desdites condamnations et sanctions”, dont la prise en considération par le Sénat belge a eu lieu le 12 mai 2011,

Considérant qu’il est essentiel pour le Parlement bruxellois de préserver la mémoire - comme il l’a fait en votant le 3 juin 2005 une résolution portant commémoration de l’Holocauste, de l’antisémitisme et du racisme (A-111/4-04/05) - et de transmettre, aux générations actuelles et futures, ce devoir de mémoire pour ne jamais oublier cette période dramatique,

Conscient que ce devoir de mémoire est le garant d’une conscience éveillée devant ces événements et que l’oubli serait propice à une répétition tragique de l’histoire,
Considérant que toute loi générale d’amnistie participe à cet oubli en effaçant tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme commis entre la période du 10 mai 1940 et le 8 mai 1945,

Considérant la loi “Vermeylen” du 30 juin 1961 et les révisions individuelles qui ont eu lieu, en sorte que l’on peut dire que la Belgique a déjà apporté aux excès de l’épuration des réponses significatives, et a rendu à beaucoup de collaborateurs ou à leurs descendants des droits civils et politiques, malgré des faits de collaborations avérés,

Considérant qu’il ne peut être question de remettre en cause des faits avérés et de demander une indemnisation pour les victimes de la répression d’après-guerre, comme la proposition de loi le suggère, ce qui reviendrait à nier des faits graves de collaboration et à porter atteinte à la mémoire des résistants et de toutes celles et de tous ceux qui, parfois, au péril de leur vie, se sont battus pour la liberté,

Conscient que nos acquis démocratiques sont régulièrement mis en danger par des comportements antidémocratiques, racistes et haineux,

Affirmant le rôle majeur que doit jouer toute assemblée parlementaire, comme haut lieu symbolique de la démocratie, dans son combat historique pour la sauvegarde de ses principes fondamentaux,

Insistant sur l’impérative nécessité d’une mobilisation sans faille des partis démocratiques contre toutes les formes d’extrémisme, de racisme, d’antisémitisme, de haine et d’exclusion,

Soucieux de ne pas vouloir opérer un amalgame réducteur, mais d’en appeler aux élites politiques de toutes les régions du pays afin d’assumer collectivement le nécessaire devoir de mémoire et de respect des victimes,

Rappelant, dans ce cadre, le rôle de recherche et de révélation dévolu aux historiens, d’une part, ainsi que le rôle d’impulsion du politique pour fournir des outils de vulgarisation, de transmission et de partage de la mémoire, d’autre part,

Affirmant qu’il n’y a pas d’avenir sans le souvenir du passé

Le Parlement bruxellois,

- s’oppose à toute adoption d’une loi générale d’amnistie,

- affirme sa volonté de participer au devoir de mémoire et à la défense de valeurs communes : la liberté individuelle, une éthique de la responsabilité, le respect de la personne humaine, le respect des décisions de justice et donc du principe de la chose jugée,

- rappelle l’importance de perpétuer ce devoir de mémoire pour éviter l’oubli de faits dramatiques et marquants de notre Histoire qui restent une menace pour notre démocratie,

- demande à sa Présidente de transmettre la présente motion au Président du Sénat de Belgique et au Président de la Chambre des Représentants,

- demande au Gouvernement bruxellois de poursuivre son action en matière de devoir de mémoire.

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Amnistie : Le parlement bruxellois fait un premier pas vers le NON!

deputes-mr1La proposition de résolution « visant à rappeler son soutien au nécessaire devoir de mémoire et son opposition à toute loi générale d’amnistie » du Parlement Bruxellois déposée par la députée Viviane TEITELBAUM, au nom du groupe MR vient d’être prise en considération ce matin en urgence et à l’unanimité au Parlement Bruxellois ! Des chefs de groupe de la majorité ont déjà annoncé leur soutien et cosignature

Pour Viviane Teitelbaum et Didier Gosuin “il est important de réaffimer le rôle majeur que doit jouer toute assemblée parlementaire, comme haut lieu symbolique de la démocratie, dans son combat historique pour la sauvegarde de ses principes fondamentaux. Nous devons insister sur l’impérative nécessité d’une mobilisation sans faille des partis démocratiques contre toutes les formes d’extrémisme, de racisme, d’antisémitisme, de haine et d’exclusion”.

Compte tenu de la proposition de loi “effaçant, pour l’avenir, tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d’indemniser les victimes de la répression d’après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier subi à la suite desdites condamnations et sanctions”, dont la prise en considération par le Sénat belge a eu lieu le 12 mai 2011,
Compte tenu des propos du Ministre de la Justice Stefaan De Clerck selon lequel un débat sur l’amnistie devait être abordé en « adulte » et permettre « d’oublier, parce que c’est du passé ».
Considérant qu’il est essentiel pour le Parlement bruxellois de préserver la mémoire - comme il l’a fait en votant le 3 juin 2005 une résolution portant commémoration de l’Holocauste, de l’antisémitisme et du racisme - et de transmettre, aux générations actuelles et futures, ce devoir de mémoire pour ne jamais oublier cette période dramatique.
Conscient que l’oubli serait propice à une répétition tragique de l’histoire et que toute loi générale d’amnistie participe à cet oubli en effaçant tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d’actes d’incivisme commis entre la période du 10 mai 1940 et le 8 mai 1945.
Affirmant qu’il n’y a pas d’avenir sans le souvenir du passé
Cette résolution vise à ce que le Parlement bruxellois,
- s’oppose à toute adoption d’une loi générale d’amnistie,
- affirme sa volonté de participer au devoir de mémoire et à la défense de valeurs communes : la liberté individuelle, une éthique de la responsabilité, le respect de la personne humaine, le respect des décisions de justice et donc du principe de la chose jugée,
- rappelle l’importance de perpétuer ce devoir de mémoire pour éviter l’oubli de faits dramatiques et marquants de notre Histoire qui restent une menace pour notre démocratie,
- demande à sa Présidente de transmettre la présente motion au Président du Sénat de Belgique et au Président de la Chambre des Représentants,
- demande au Gouvernement bruxellois de poursuivre son action en matière de devoir de mémoire.

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La démarche de demande de pardon doit rester personnelle, la Mémoire doit être partagée.

ste-declLes propos du ministre de la justice Stefaan De Clerck, sont inacceptables, mais guère surprenants !

A plusieurs reprises, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, des tentatives de réhabilitation de ceux qui furent traîtres à leur patrie ont été faites. En 1998, le « décret Suykerbuyk » qui plaçait des inciviques sur le même pied que les victimes de guerre et qui visait à accorder une aide complémentaire à des personnes vivant dans une situation de précarité par suite de circonstances dues à la guerre, à la répression et à l’épuration a été votée. Certainement grâce aux voix des députés du CVP ( devenu CD&V) et de la Volksunie qui font appel au Vlaams Blok ( devenu Vlaams Belang) pour le faire adopter.

Immédiatement après le vote, quelques 120 recours en annulation auprès de la Cour d’arbitrage ont été introduits. Dont le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique ( le CCOJB), que je présidais à l’époque, qui a introduit un recours en annulation complète du décret au nom de « l’Union des Déportés Juifs en Belgique - Filles et Fils de la Déportation », de « l’Union des Anciens Résistants Juifs de Belgique », de « l’Association l’Enfant caché » et de « l’Union des Anciens Résistants Juifs de Belgique ( U.A.R.J.B.)- Continuité », associations affiliées.
Mais aussi le ministre chargé des victimes de guerre, au nom de l’ensemble du gouvernement fédéral, plusieurs gouvernements et parlements régionaux ou communautaires francophones et également le Sénat et les villes martyres pendant les guerres, tout comme les anciens combattants et résistants, et donc la communauté juive (1).

Ce recours a été déposé car déjà nous ne pouvions accepter que des inciviques soient placés sur le même pied que les victimes de guerre, dont nous restons les représentants, les héritiers physiques, les légataires spirituels. Car déjà nous ne pouvions imaginer que des fonds publics servent à récompenser des personnes qui ont été condamnées pour leur collaboration avec le régime nazi.
D’autant plus que ceux qui avaient reconnu s’être trompés de camp ou regretté leur rôle dans la collaboration nazie pouvaient et ont toujours la possibilité d’exprimer leurs regrets et ainsi de bénéficier des dispositions de réhabilitation prévues par la loi Vermeylen de 1961. Car c’est une démarche individuelle, personnelle. Elle ne peut être collective.

Heureusement la Cour d’arbitrage a annulé le décret Suykerbuyk, qui ne sera jamais appliqué.

Mais aujourd’hui non plus, il n’est pas envisageable de rouvrir le dossier des années noires de la Seconde Guerre mondiale en Belgique si ce n’est pour analyser et tirer les conséquences du rapport du CEGES «La Belgique docile», commandé en 2004 par le gouvernement afin de déterminer les responsabilités des autorités de notre pays dans la spoliation et la déportation des Juifs de Belgique. Il n’a toujours pas connu de suite, pourtant attendue et nécessaire au travail de mémoire et de justice.

Aujourd’hui à nouveau, le CD&V, et Stefaan De Clerck en tête, la NVA
( héritière des nationalistes flamands les plus extrémistes, dont la VU), les fascistes du Vlaams Belang, et grande nouveauté et déception : avec l’aide des socialistes et des libéraux flamands, ils reviennent à la charge !

Il est temps que notre pays ose confronter son passé même dans ses plus douloureux épisodes car comme le disait Churchill : « un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre ».

Or, pour Stefaan De Clerck il est temps d’oublier ce passé, il l’a dit publiquement, sourire en coin. Alors nous lui signifions que c’est inacceptable! Car « la banalisation et l’oubli de l’extermination font partie de l’extermination »(2).

Si vraiment il persiste, qu’il s’en aille. L’amnistie, l’oubli, résonnent telles les dérives antidémocratiques, nationalistes, révisionnistes, qu’elles contiennent. Il est indigne pour un ministre fédéral, dans un gouvernement en affaires courantes ou non, de tenir de tels propos. L’amnistie, ou la réhabilitation des inciviques, est une atteinte aux valeurs démocratiques. Cette pseudo réconciliation constitue en outre une porte ouverte au négationnisme et/ou à l’oubli. L’on ne peut aujourd’hui, alors que le travail entamé sur les responsabilités des autorités belges n’a pas encore abouti, que l’antisémitisme se développe à nouveau et que le nationalisme reprend des forces, accepter que soient disculpés ceux qui ont collaboré avec les nazis. La démarche de demande de pardon doit rester personnelle, la mémoire doit être partagée.

(1) et (2) Christian Laporte, Le Soir, vendredi 15 octobre 1999

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