avril « 2010 « Le blog de Viviane Teitelbaum

Archive pour avril 2010

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C’est dans la presse…. Pas de débat… pour le moment sur Dieudonné

dieudonne_affiche_europeenne La soirée programmée ce mardi par le cercle du Libre Examen de l’ULB autour de l’humoriste Dieudonné est reportée faute de contradicteurs. Pour rappel - voir “La Libre” de lundi - on devait y projeter le film “Est-il permis de débattre avec Dieudonné?” réalisé par le journaliste indépendant Olivier Mukuna. Il semble que certaines personnes qui devaient prendre part au débat se sont désistées. Il faut dire que l’opportunité de la rencontre faisait question: après le collectif “Vigilance citoyenne” de Claude Demelenne, c’est la députée bruxelloise Viviane Teitelbaum qui est montée au créneau. Elle-même ancienne de l’ULB, l’élue MR dit ne pas comprendre que “l’université qui a a témoigné de son esprit d’indépendance et de résistance chaque fois que la démocratie et les droits fondamentaux étaient menacés puisse accueillir une manifestation en faveur d’un personnage condamné à plusieurs reprises pour ses propos contre les Juifs et sur la Shoah” . Selon Viviane Teitelbaum “on offre une tribune à quelqu’un qui au fond est l’équivalent de l’attaché de presse de Jean-Marie Le Pen ou de Filip Dewinter. Mukuna, c’est la voix de Dieudonné. Son film banalise les positions de ce dernier, qui passe l’essentiel de son temps à tenir des propos antisémites, qui s’est présenté à la tête d’une “liste antisioniste” aux élections européennes, regroupant notamment l’essayiste d’extrême droite Alain Soral et Yahia Gousmi, un leader chiite français proche du régime iranien et d’Ahmadinejad”. Et de “s’interroger sur l’attitude de certains responsables du Librex qui donnent la parole à des proches de Dieudonné qui, lors de ses dernières et récentes déclarations sur la Shoah, va encore plus loin dans l’antisémitisme pur et dur” . Pour la députée libérale, “permettre de relayer les thèses racistes et antisémites à l’ULB est une insulte à l’histoire et à l’engagement d’une université, de mon université, qui a toujours défendu les valeurs démocratiques”.
La Libre Belgique, page 10

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Quand le Cercle du Libre Examen “invite” Dieudonné, j’ai mal à mon université !

Je viens d’apprendre le report du débat par manque de contradicteurs. Mais le problème de fond reste posé.

Je suis diplômée en journalisme de l’ULB, l’université Libre de Bruxelles. Libre, car tout au long de son histoire, cette université a témoigné de son esprit d’indépendance et de résistance chaque fois que la démocratie et les droits fondamentaux étaient menacés, comme elle le rappelle d’ailleurs sur son site. Elle a fermé ses portes pour ne pas avoir à collaborer avec l’occupant nazi en 1941. Or, aujourd’hui elle semble soumise à des forces qui banalisent le racisme et l’antisémitisme.

Pour la 2ème fois en une année, le Cercle du Libre Examen, organise une soirée-débat sur Dieudonné, cet humoriste devenu homme politique, plusieurs fois condamné par la justice française pour ses propos sur les Juifs et la Shoah, en présence du journaliste indépendant, Olivier Mukuna.

Dans cette enceinte qui dit défendre des principes et des valeurs, on offre une tribune à quelqu’un qui au fond est l’équivalent de l’attaché de presse de Jean-Marie Le Pen ou de Philppe Dewinter. Mukuna, c’est la voix de Dieudonné. Son film banalise les positions de ce dernier, qui passe l’essentiel de son temps à tenir des propos antisémites, qui s’est présenté à la tête d’une « liste antisioniste » aux élections européennes, regroupant notamment l’essayiste d’extrême droite Alain Soral et Yahia Gousmi, un leader chiite français proche du régime iranien et d’Ahmadinejad. C’est par son intermédiaire que Dieudonné a été reçu récemment par Ahmadinejad.

Je m’interroge sur l’attitude de certains responsables du Librex. Pourquoi donnent-t-ils à nouveau la parole à Mukuna et à ses amis (Souhail Chichah…) alors que Dieudonné, lors de ses dernières et récentes déclarations sur la Shoah va encore plus loin dans l’antisémitisme pur et dur ?

Permettre de relayer les thèses racistes et antisémites à l’ULB est une insulte à l’histoire et à l’engagement d’une université, de mon université, qui a toujours défendu les valeurs démocratiques.

Bien sûr, on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui[1] .

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Le voile en questions, de Christian Laporte, La libre Belgique

Aujourd’hui nous avons nous avons manifesté contre le voile à l’école. Christian Laporte l’avait annoncé dans son article et il a parlé de mon nouveau livre. Voici son texte.
voile
SOCIÉTÉ
Mis en ligne le 23/04/2010

La crise gouvernementale a reporté de fait le vote sur l’interdiction de la burqa et du nijab à la Chambre. Mais la réflexion sur le voile, elle, bat son plein.
Le vote de l’interdiction de la burqa et du nijab prévu jeudi en plénière à la Chambre n’a pas, on s’en doute, eu lieu mais le débat global sur le port du voile et des signes confessionnels est loin d’être clos; l’on pourrait même dire qu’il ne fait que commencer.

Ce samedi 24 avril, entre 10 et 12 h, il y aura ainsi devant la Bourse de Bruxelles une mobilisation contre les signes confessionnels à l’école co-organisée par le Réseau d’action pour la promotion d’un Etat laïque, la section belge de Ni putes, ni soumises et l’association Karima insoumise et dévoilée.

On lira aussi avec intérêt l’ouvrage consacré à la question par la députée régionale bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR). Présidente du comité d’avis pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes du parlement francophone bruxellois, elle a procédé à un large tour d’horizon européen des règles en vigueur et qui vont des “accommodements raisonnables” à des interdictions plus ou moins fermes selon les pays et les lieux officiels.

“C’est la prestation de serment - voilée - de Mahinur Ozdemir au parlement bruxellois qui m’a amenée à m’investir dans ce dossier. Au nom de mes engagements comme femme mais pas uniquement car l’enjeu est bien plus large puisqu’il englobe la question des droits de l’Homme. C’est aussi le débat de la multiculturalité. Bref, c’est un élément majeur du vivre ensemble.”

Pour Viviane Teitelbaum, le dossier du voile est d’autant plus complexe que ses approches sont parfois contradictoires : “En France, on a osé légiférer en partie alors qu’aux Pays-Bas la discussion est confisquée par l’extrême droite. Il y a aussi le détournement politique des accommodements raisonnables. Que dire des tribunaux de la charia en Grande-Bretagne ? On ne peut pas tout accepter; le voile est plus qu’un bout de tissu; c’est un enjeu fondamental pour l’égalité hommes-femmes et donc pour la démocratie.”

Pour Viviane Teitelbaum, “l’école a un rôle essentiel à jouer car il y a un immense travail pédagogique à accomplir”. Et d’insister sur l’initiation aux valeurs démocratiques. “Lorsque Mahinur Ozdemir ou Fatima Zibouh disent que le port du voile est leur choix, elles détournent l’attention de son véritable enjeu. Le respect de tous doit l’emporter sur une décision personnelle. Je me reconnais donc aussi très bien dans le combat des femmes algériennes et c’est pourquoi j’ai aussi interviewé Djemila Benhabib qui mène le difficile combat contre les intégristes.” Sa conclusion ? “Faisons le pari de la liberté pour tous. Nous devons nous battre pour revendiquer pour les femmes musulmanes ce à quoi nous aspirons et estimons avoir droit pour nous-mêmes. Pourquoi accepterait-on de certains imams ce qu’on a dénoncé chez les curés ou chez les rabbins ? Pourquoi cherche-t-on à se rendre sympathique auprès de ceux qui nous considèrent comme des putes si nous ne sommes pas vierges ?”

“Quand l’Europe se voile”, Viviane Teitelbaum, Editions La Muette, 15 €
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/577908/le-voile-en-questions.html

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Des mots contre les maux

Les propos d’Olivier Maingain étaient sans nulle doute une réaction très musclée face au refus flamand de nommer les bourgmestres francophones des communes à facilités et contre l’idée flamande d’envoyer un fonctionnaire remplir leur rôle. Accusateurs, certes, ces propos n’étaient pour autant pas un dérapage. Olivier Maingain ne comparait pas la Shoah de manière indécente, il rappelait l’Histoire face à une volonté de la NVA de détourner la démocratie. Il n’y a pas ici de comparaison inconvenante, inopportune ou déplacée, mais l’évocation de faits qui se sont déroulés sous le régime d’occupation. Qu’il ait raison ou non de l’avoir fait sur un plan d’opportunité politique n’est pas mon problème, mais qu’il lui soit interdit de le faire est inacceptable.
Pourquoi ?
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